Statistiques du cambriolage en France : chiffres, lieux et horaires (2026)
Combien de cambriolages chaque année, à quelle heure, dans quelles régions et par où les voleurs entrent-ils ? On a décrypté les chiffres officiels pour vous montrer où le risque se situe vraiment.
Source : SSMSI — Ministère de l’Intérieur, « Insécurité et délinquance en 2024 ».
Le cambriolage reste l’une des premières inquiétudes des foyers français — et pourtant, l’image qu’on s’en fait (un voleur cagoulé, la nuit, en plein été) est souvent fausse. Les statistiques du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) dessinent une réalité bien plus précise : le risque a un volume, des horaires, une géographie et des modes opératoires identifiables. Les comprendre, c’est déjà savoir comment se protéger intelligemment.
Combien de cambriolages en France ?
À ces intrusions dans les logements s’ajoutent près de 67 400 cambriolages de locaux commerciaux, industriels ou financiers et 45 200 dans d’autres lieux. Rapporté au parc immobilier, cela représente en moyenne 5,9 cambriolages pour 1 000 logements sur l’ensemble du territoire.
Sur le temps long, la tendance est plutôt à la baisse : on est loin du pic de 2014 (environ 335 000 faits), soit une diminution d’à peu près un tiers en dix ans. Mais deux nuances s’imposent.
Ce dernier chiffre est l’un des plus marquants : la part des intrusions avec une personne à l’intérieur est passée de 31,3 % en 2022 à 39,8 % en 2024. Autrement dit, être chez soi ne suffit plus à écarter le risque, et les situations de « home-jacking » (intrusion en présence des habitants) progressent.
À quelle heure ont lieu les cambriolages ?
C’est sans doute la donnée la plus contre-intuitive : la plupart des cambriolages ont lieu en plein jour, pas la nuit. Près de 7 sur 10 se produisent en journée, et le pic se situe l’après-midi — exactement au moment où le logement est vide parce que vous êtes au travail ou venez de partir chercher les enfants.
Côté jours de la semaine, même logique : près de 8 cambriolages sur 10 ont lieu en semaine (environ 79 %) contre seulement 21 % le week-end, lorsque les habitants sont plus souvent chez eux. La leçon est claire : votre maison est la plus exposée pendant vos absences de la journée — y compris les plus courtes.
Quelles sont les saisons et les mois les plus à risque ?
Là encore, l’idée d’un phénomène purement estival est trompeuse. Deux périodes concentrent le risque : l’été (logements laissés vides pendant les vacances) et la fin d’année (nuits longues, obscurité dès 17 h, fêtes). À eux seuls, juillet, août et décembre ont concentré près d’un tiers des cambriolages en 2024.
Hiver
ÉlevéNuit dès 17 h + fêtes de fin d’année : approche discrète et maisons repérées.
Printemps
Plus calmeJournées longues et présence plus fréquente au domicile.
Été
ÉlevéVacances : logements inoccupés plusieurs jours, fenêtres laissées ouvertes.
Automne
ModéréLe passage à l’heure d’hiver fait remonter le risque dès octobre-novembre.
Si vous partez plusieurs jours, ce sont donc ces deux fenêtres qu’il faut anticiper en priorité. Notre guide gratuit pour protéger sa maison détaille les réflexes à adopter avant un départ en vacances.
Où cambriole-t-on le plus en France ?
Le risque n’est pas réparti uniformément. L’Île-de-France concentre à elle seule près d’un quart des faits (environ 55 000 par an), du fait de sa densité et de l’anonymat urbain. Globalement, plus de 80 % des cambriolages surviennent en milieu urbain. Mais l’écart se mesure surtout en densité (faits pour 1 000 logements) :
Le fait nouveau, c’est la poussée du risque en zone rurale et péri-urbaine. Plusieurs départements peu urbanisés affichent désormais des taux élevés (l’Ain, le Cher ou le Gers dépassent 7 ‰), et certaines campagnes connaissent des hausses à deux chiffres. La raison : des maisons plus isolées, moins équipées, et un délai d’intervention des forces de l’ordre qui peut dépasser 30 à 45 minutes. Le risque n’est donc plus l’apanage des grandes villes.
Par où — et comment — les cambrioleurs entrent-ils ?
Les points faibles sont donc connus et concentrés : la porte d’entrée reste la voie privilégiée, loin devant la fenêtre. Le déroulé est rapide et méthodique — repérage des signes d’absence (volets fermés en journée, courrier accumulé, pas de voiture), test de résistance, puis intrusion en quelques minutes pour cibler les objets faciles à emporter (bijoux, argent liquide, petit high-tech).
5 idées reçues que les chiffres démentent
Ce que ces statistiques changent pour votre protection
Mises bout à bout, ces données racontent une histoire cohérente. Le risque survient surtout quand vous êtes absent en journée, l’intrus mise sur la discrétion et la rapidité (5 minutes), et il abandonne dès que ça se complique. Trois leviers découlent directement de ces constats :
1. Supprimer les signes d’absence (volets, courrier, éclairage automatique). 2. Renforcer la porte d’entrée et les fenêtres, qui concentrent la quasi-totalité des intrusions. 3. Installer une protection qui réagit plus vite que le cambriolage lui-même : une alarme qui se déclenche fait fuir la grande majorité des intrus, et la télésurveillance ajoute la levée de doute et l’intervention pendant que vous êtes loin — exactement le maillon qui manque quand la gendarmerie est à 30 minutes.
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Questions fréquentes sur les statistiques de cambriolage
En 2024, le SSMSI (ministère de l’Intérieur) a recensé 218 200 cambriolages et tentatives visant des logements, soit environ 600 par jour. Comme seules 30 % environ des victimes portent plainte, le nombre réel est sensiblement plus élevé.
Près de 7 cambriolages sur 10 se produisent en journée, avec un pic l’après-midi entre 14 h et 18 h (environ 43 % des faits). La nuit ne représente qu’une faible part. Les cambrioleurs profitent des absences, pas de l’obscurité.
Deux périodes ressortent : l’été (vacances, logements vides) et la fin d’année (nuits longues, fêtes). Juillet, août et décembre ont concentré près d’un tiers des cambriolages en 2024.
L’Île-de-France concentre près d’un quart des faits en volume. En densité, Paris et les grandes métropoles dépassent la moyenne nationale (5,9 ‰), mais les zones rurales connaissent une hausse marquée, certains départements ruraux dépassant désormais 7 ‰.
Environ 70 % des intrusions se font par la porte (forçage, crochetage ou porte non verrouillée) et près de 23 % par une fenêtre ou une porte-fenêtre. Renforcer ces deux points couvre l’essentiel du risque.
Oui : comme le cambrioleur mise sur la rapidité et abandonne en moyenne au bout de 5 minutes, une alarme qui se déclenche fait fuir la grande majorité des intrus. La télésurveillance ajoute la levée de doute et l’intervention à distance, utile surtout pendant vos absences.
- SSMSI — Ministère de l’Intérieur, « Insécurité et délinquance en 2024 : bilan statistique » et atlas départemental.
- Insee — Enquête « Cadre de vie et sécurité » (taux de plainte, victimation).
- Étude de victimation Kantar TNS / Verisure (répartition horaire et hebdomadaire).
Les chiffres correspondent aux faits constatés par la police et la gendarmerie ; le nombre réel est supérieur compte tenu des cambriolages non déclarés. Données indicatives, arrondies.